Depuis trois journées, le jeu informatique de Virtual Regatta me procure un moyen extrêmement efficace d’oublier la grisaille opprimante de ces journées confinées sans l’être, contraint à respirer à régime bridé par le masque réglementaire. Sur un mode purement virtuel, j’arrive ainsi à respirer virtuellement l’air puissant des cinquantièmes rugissants, à la barre de mon fier voilier virtuel, par 47 degrés Sud de latitude . C’est ainsi que je viens de doubler virtuellement les Kerguelen, au terme de 40 journées de course virtuelle . Sur la carte ci-dessous, les petits points rouges jalonnent ma route, depuis le point 242, en haut et à gauche (ma position le mercredi 16 décembre vers 9 heures), jusqu’au point 259, en bas et à droite (ma position ce samedi 19 décembre, vers 9 heures également) ;
La distance loxodromique ( selon un arc de grand cercle sur le globe terrestre) entre ces deux points 242 et 259 est de 1 189 milles . Ce qui est tout-à-fait en accord avec celle qu’affiche le simulateur de milles parcourus de V.R : 11 120 — 9 887 = 1 233 milles . En adoptant la moyenne de ces deux évaluations, soit 1211 milles, sachant qu’ils ont été parcourus en exactement 72 heures, cela représente une vitesse moyenne de 16,8 nœuds.
À ce rythme de disons 16 nœuds, soit 16 x 24 = 384 milles par jour, je pourrais parcourir les 15 000 milles qui me séparent aujourd’hui de l’arrivée en 15 000 / 384 = 39,1 jours, ce qui voudrait dire que j’égalerai ainsi la prouesse de Philéas Fogg, le héros de Jules Verne, un tour du monde en 80 jours !
Mais je ne crois guère à la possibilité de maintenir ce rythme, et je me vois plutôt boucler cette boucle du Vendée Globe en 100 jours , si j’arrive au terme de cette épreuve .
En attendant, voici ma dernière position, samedi 19 décembre 2020, 11 h 30 : dans le Nord-Est des Kerguelen, ces terres découvertes en 1772 par le navigateur breton Yves de Kerguelen de Tremarec ..
( à suivre )


Entre les Kerguelen et moi, il y a une affinité: Vendéen, je suis un ventre à chou; or il se trouve que cet archipel est connu notamment pour ses choux, là-bas, une végétation spontanée puisqu’il n’y a pas d’agriculture sur ces îles. Il est d’ailleurs étonnant qu’à des latitudes parfaitement habitables dans l’hémisphère nord, il n’y ait pas âme qui vive dans l’hémisphère sud! Bon vent vers les Sables d’Olonne, mon pays natal…